Ptites Nouvelles

22 janvier 2008

Météo

Nous partions comme dans des rêves. Nous traversions les lacs, des océans, soulevions des montagnes. Nous supprimions les frontières, les barrières. Nous volions, nous nagions, nous courrions. Plus haut que les oiseaux, plus vite que les poissons, plus rapide que le vent. Tout était féérie. Les grands paysages, les vallées verdoyantes, les sommets enneigés, les cascades ruisselantes, les prés fleuris. Le soleil nous souriait. La lune lui succédait. Les étoiles nous illuminaient.
Nous étions jeunes et cons. Les yeux dissimulés sous des oeillères. Nous n'avons pas vu arriver l'ouragan. Nous étions à découverts, ivres de la vie.
.. si un éclair ne se manifeste pas dans un ciel serein, rien ne peut raisonnablement nous inquiéter, même si nous savons, au fond de nous, qu’un orage est toujours possible..
Nous avons été plongé dans un cauchemar. Nos oeillères ont été arrachées. Nous avons pris la tempête en pleine face.
Nous ne pourrions donner vie. Nous ne pourrions fonder notre famille. Nous voilà condamnés à nous aimer égositement. Nous ne volons plus, nous ne nageons plus, nous ne courrons plus, nous errons. Colère, rage, haine. Les coups de tonnerre frappent. Les larmes ruissellent telle une mousson asiatique. Pas de soleil pour nous réchauffer, nous frissonnons, nous nous serrons l'un contre l'autre.
Mais l'orage ne peut pas durer éternellement. Le vent du Nord chasse les nuages. Les rayons du soleil perçent à nouveau. La magie de l'arc en ciel innonde à nouveau la nature ruisselante. Nous relevons la tête. Nous nous séchons. Et nous décidons alors d'affronter la météo de la vie.

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16 janvier 2008

Je.com

Je suis crevé. Je me déshabille. Je me couche. Je m'endors. Je rêve. Je fais un autre rêve. Je me réveille. J'ai pas envie. Je suis obligé. J'ai envie de pisser. J'enfile un caleçon. Je vais aux chiottes. Je passe à la salle de bain. Je me fout un coup d'eau dans la gueule. Je prépare un thé. Je mets trois sucres. Je n'aime pas le thé non sucré. Je souffle. Je veux me recoucher. Je combat contre cette envie. Je me rends compte que je pue de la gueule. Je cours me brosser les dents. Je me sens mieux. Je file m'habiller. Je jette un coup d'oeil à ma montre. Je suis en retard. Je n'arrive pas à me dépêcher. J'enfile un jean et un polo. Je retourne à la salle de bain. Je m'asperge de déo et de parfum. J'adore ce parfum. Je me rappelle mon anniversaire. J'ai des bons souvenirs. Je stoppe la période nostalgie. Je cherche mes tongs. Je ne les trouve pas. Je les appelle. Je n'obtiens pas de réponses. Je suis comme un con pied nu, à quattres pattes pour regarder sous mes meubles. J'en dégotte une sous mon piano. Je pense à sa jumelle. Je finis par la dénicher sous un coussin. Je me dis que je suis bordélique. Je me dis aussi que c'est la faute à cette conne. Je ne dois plus penser à elle. Je continu pourtant. Je suis maintenant à la recherche de mes clés. J'aimerais les faire sonner avec mon portable. Je voudrais que quelqu'un invente ce gadget. Je gagnerais dix minutes par jour. Je les trouve. Je vérifie que je n'ai rien oublier. Je ne sais pas trop. Je veux me recoucher. Je n'y vais pas. Je suis fort. J'ouvre la porte. Je la referme. Je passe un coup de clés. Je redonne un oeil sur ma montre. Je suis stupéfait par mon efficacité ce matin. Je suis fier. Je descends les marches. Je ne fais pas le malin à les descendre deux par deux. J'ai failli tomber hier. J'arrive en bas de chez moi. Je me rappelle la première fois que j'ai embrassé l'autre conne. Je l'avais embrassé précisément ici, devant les boites aux lettres. Je suis romantique. Je mets fin à cet cruel flash back. Je m'engage sur le trottoir. J'évite les trois crottes. Je dis boniour au facteur. Je lève la tête. Je tente de me donner un air d'homme heureux, décontracté, élégant. Je me vautre les pieds sur une fausse marche. Je me dis que c'est loupé en voyant le visage hilare de ma voisine du dessus. Je suis vexé. J'ai le doigt de pied écorché. Je bannit mes tongs. Je boîte. Je passe devant la boucherie hallal. Je longe les boutiques chics de la rue marchande. Je me dit que le positif, c'est que je n'ai plus de cadeau à acheter pour la conne. Je réalise que je préférais faire des cadeaux. Je réalise qu'elle me manque. Je réalise que je suis seul. Je m'effondre. Je m'écroule comme un connard. Je pleure. J'ai l'impression d'être invisible pour les passants. Je me dit que c'est mieux comme ça. Je sèche mes larmes. J'appelle mon grand frère. Je lui demande de ses nouvelles. Je lui donne des miennes. Je l'entends me dire de ne pas me faire de soucis. Je ne veux pas entendre ses bonnes morales. Je regrette de l'avoir appelé. Je lui dit que je vais entrer dans le métro. Je raccroche. Je ne vais pas mieux. Je ne suis pas soulagé du tout. Je veux gerber. J'arrive enfin au boulot. Je me fais reluquer de la tête aux pieds. Je réalise que ma tenue n'est pas adéquate. Je ne comprends pas à quoi j'ai penser en enfilant ses tongues. J'ai dû penser à l'autre conne. Je me souviens qu'elle adorait mes pieds. Je devais les mettre en valeur. J'ai toujours aimé avoir les pieds à l'air libre. Je les emmerde. Je me barre. Je rentre chez moi. Je suis claqué. J'allume la télé. Je ne trouve que de la merde. Je ne suis pas étonné. J'ouvre mon frigo. Je le trouve vide. Je ne sais plus quoi faire. J'ai mal. Je ne ferais plus jamais rien tant qu'elle ne reviendra pas. Je vais retenir ma respiration. J'essaie. Je deviens rouge. Je craque. J'entends du bruit sur le pallier. Je vois glisser une lettre sous la porte. Je me précipite pour voir le facteur. Je ne le trouve pas. Je décachette l'enveloppe. Je décompense lorsque je m'aperçois qu'il s'agit d'une remontrance de la voisine hilare pour le bruit. Je m'en vais lui dire deux mots.

La suite aux prochains épisodes sur Je.com, nouvelle version de ma life.com

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Coucou me voilà

Je suis là! Je ne suis plus là! Je suis relà! Je suis re plus là!! Ah ah ah!!
Voilà dix minutes que je suis en face de ce bambin, à lui faire le coup du "coucou me voilà"! Pathétique! Mais il a tellement l'air de prendre son pied! Quelle chance il a! Je ne sais pas qui il est, d'où il vient! Je l'ai trouvé là. Je ne sais pas ce que je dois en faire. Alors je joue! Et c'est tout. Mais qui a pu l'oublier? On n'oublie pas un enfant tout de même! Je ne comprends pas. Et puis, pourquoi sur mon passage? Pourquoi je suis tombé dessus? Enfin, tombé, c'est drôle parce que c'est presque le mot, j'ai trébuché sur son espèce de petit transat! Il était posé comme ça. J'ai bien cherché dans la rue, mais pas un chat. Je lui ai demandé, il ne m'a pas répondu. Il a commencé à chialer, c'est là ,que j'ai eu l'idée du jeu! Pas mal me direz vous! Oui sauf que je suis coincé maintenant et que dès que je m'arrête, il hurle. Je suis là comme un con et je ne vois pas de solution. Appelez ma soeur? J'en sais rien, comment on fait dans ces cas là? C'est pas franchement courant comme situation. Et en plus c'est vraiment pas de bol, car après cinq années de prison, à ma sortie, voilà ce qui m'arrive. Vous comprenez maintenant pourquoi je ne peux pas allez à la police. Ils vont croire que je l'ai volé, à une jeune femme, ou que j'ai pris un coup de folie ou quoi que ce soit. Et merde!
Je suis là! Je ne suis plus là!
Et toujours personne qui passe. Faut dire que le pénitencier est plutôt isolé, et que je n'en suis pas super loin. Trop de choses se passent dans ma tête. Je n'ai plus l'habitude de penser, de réfléchir, de m'adapter à l'imprévu. D'où je sors, c'était comment dire? Prévu justement! Pas de place aux hasards, aux rencontres fortuites. Mais celui là, tout petit, tout fragile... Bonh j'arrête ce jeu, je craque. Il pleure, je le prends dans mes bras, et nous avançons. Où nous allons, je n'en sais rien. Je dois trouver du monde et leur expliquer. Quelle histoire!
J'arrive à choper un bus. Et là, les gens me dévisagent d'un regard tout attentioné, attendrissant. Je n'ai plus l'habitude qu'on me regarde avec ses yeux. J'ai toujours été qu'un petit con, un peu taré, qui ne filait pas bien droit. Et là, voilà qu'on me colle l'étiquette d'un père respectable. C'est con, je sais mais j'en pleure. Le gamin s'est endormi dans mes bras. Je me sens si bien. Je me sens un homme. Ce petit môme a un pouvoir. Le pouvoir de changer ma vie?
Je me sens tout perturbé. Nous voilà en ville. Je ne sais pas où allez. Personne ne m'attends. Je ne sais pas si quelqu'un a envie de me revoir. De toute manière, c'est ce que j'ai toujours souhaité : être seul. J'ai tout fait pour y parvenir, ça a marché. Et maintenant je me sens vraiment bien à deux. Mais je ne vais pas le garder. Il est à quelqu'un cet enfant. C'est fou, tout ce qui me passe par la tête. Je vous emmerde peut être! Désolée, mais j'ai besoin de partager.
Prochain arrêt "clinique du sacré coeur". Je descend, et nous dirige vers les portes coulissantes. J'apostrophe une infirmière, et lui explique la situation.
"Sur la route qui mène au pénitencier?", me demande t'elle.
"Oui c'est exact!"
"Je vais appeler les services sociaux, nous allons effectuer des recherches."
"Vous allez bien vous en occuper? "
Elle m'assure que oui, et me remercie de mon acte citoyen. Citoyen? Je suis un citoyen? Je suis tourmenté entre de la tristesse d'abandonner ce gamin, et un sentiment de, je ne sais pas comment ça se définit, je le vis c'est tout.
Je dépose le gamin dans les bras de la dame. Il pleurniche. Je lui offre une caresse sur son visage. La première caresse que j'offre à quelqu'un. Un faux dur au coeur de miel, voilà ce que je suis, peut être!
En partant, je confie à l'infirmière qu'il faut jouer avec lui à "coucou me voilà".
Tu étais là, j'étais là, tu n'est plus là, mais maintenant j'existe, et j'espère que toi aussi, tu existeras. Merci à toi, petit bonhomme.

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09 janvier 2008

Un air de fête

C'est l'hiver. L'Europe subit une grosse dépression. C'est l'épidémie. Toutes les strates de la population sont touchées. C'est l'engrenage. Le cyclone détruit tout sur son passage : la bonne humeur, l'espoir, la gaité, l'optimisme, l'esprit de fête. Dieu réunit ses disciples afin d'envisager la situation et trouver un remède. On propose un psycho climatologue, qui s'occuperait de négocier avec le soleil, lorsque les nuages noirs s'abattent sur les pauvres humains. Un petit rayon et c'est reparti! On propose de créer l'abolition de l'hiver, mais ces satanés de mortels vont déprimer si on leur suppriment les sports d'hiver. Un petit disciple, le dernier venu, explique que le seul moyen d'endiguer cette dépression est de permettre aux humains de prendre conscience de toutes les bonnes petites choses de la vie. Il faudrait donc les obliger à fêter quelque chose de bien chaque jour. Ainsi progressivement, le positif prendrait une plus grande place de leur vie, puisqu'ils seraient obligés de trouver chaque jour un petit bonheur, un petit plus. Devant l'incrédulité de ces condisciples, petit disciple s'explique : mais oui, par exemple un jour, ils fêteraient le fait de ne pas avoir eu d'embouteillages, ou d'être allez au cinéma, ils fêteraient le jour des courses en réalisant la chance d'avoir un frigo bien rempli, ils fêteraient les premières fleurs, les premiers pas de leur petit fils, la bonne recette au magasin, une nouvelle amitié, la recette réussie du poulet à l'aioli, la nuit sans insomnie, la bonne douche chaude, la fin de la grêve des routiers, la montée en notoriété d'un petit groupe du quartier,... Chaque jour sera l'occasion d'une nouvelle petite fête, tous les jours différentes. Mais les humains devront aussi apprendre à négocier en groupe, pour créer un consensus sur la fête du jour, cela créera du lien entre les parents et les enfants, les frères et les soeurs, les personnes âgées et leurs soignants, les professeurs et leurs élèves,...

Allez et pour donner le La, champagne grand Dieu, nous fêtons le commencement de la fête du jour!

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05 janvier 2008

Tic Tac

La page blanche devant l'écolier. Le stylo entre les lèvres. Les coudes sur la table. Le regard vers la fenêtre. Il a oublié les anti sèches. Son voisin le fayot a la grippe. Décidément tous les éléments se liguent contre lui. C'est le branle bas de combat dans sa tête. Vercingétorix combat Louis premier, pour conquérir Constantinople et ainsi partir en croisades, pour la conquête du nucléaire. Dehors le vent souffle. Un coup d'oeil à sa montre. Il bloque sur l'aiguille des secondes. Il ferme les yeux, et colle la montre à son oreille. Et soudain, il entend. Il entend un coeur battre. Il entend une bombe à retardement. Il entend les pas réguliers d'une grande dame à talon. Il entend les cloches battrent au fond de la vallée. Il entend les tams tams qui résonnent au loin.

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13 décembre 2007

Le chemin

Une mamie à sa fenêtre. Une petite fille à ses dessins.
La mamie expire. La petite fille inspire.
Un même souffle, en vents contraires.

La mamie voit défiler dans sa tête les images de son passé. La petite fille esquive ses projets et ses rêves, sur une feuille vierge. Des remords pleins les yeux, la mamie rejoint sa petite fille. Elle zyeute par dessus l'épaule de l'enfant.
La petite fille a simplement dessiné, un grand paysage, avec des lacs, des océans, des montagnes, des forêts, et un long chemin qui serpente d'un point à l'autre. Et, si on se penche un peu plus, on peut aperçevoir deux silhouettes, qui cheminent main dans la main. Une petite avec deux couettes, et une plus grande soutenue par un bâton de marche. La grand mère regarde alors sa petite fille , lui tends la main, et les voilà parties toutes les deux sur les chemins de la vie.

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04 décembre 2007

Divine mortelle

ô grands mystères des montagnes,

Une montagne
Les monts, les cimes et les sommets
La vallée, les prairies et les forêts

En amont, monts et merveilles
En aval, vallée des merveilles

En amont, monts et neiges éternelles
En aval, vallée immortelle

En amont, monts et silence originel
En aval, vallée de la vie qui étincelle

En amont, monts et cimes surnaturelles
En aval, vallée d'une faune et flore cruelle

L'amont, l'aval
Terrain vague d'un duel
Entre le divin et le mortel

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03 décembre 2007

Une jeune fille

La haut sur la montagne, vivait une jeune fille.
Dans une cabane de berger, elle avait posé pied.
En haut des sommets, elle était la reine des cimes.
A l'aube, elle se levait.
Sous les étoiles, elle se couchait.
Et dans le plus grand silence, jamais elle ne se lassait du spectacle de la nature.

En bas de la montagne, vivait une jeune fille.
Dans un appartement trois pièces, elle habitait.
Au huitième étage, elle était la reine de l'immeuble.
A midi, elle se levait.
Des regrets pleins les yeux, elle se couchait.
Et dans ses rêves les plus profonds, elle rêvait du spectacle de la haut sur la montagne.

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27 novembre 2007

L'aviateur

Un avion. A son bord, de nombreux passagers. Un vol long courrier, pour les vacances, destination le bonheur. Le pilote n'en est pas à son premier vol, l'avion, si. L'appareil a subi maintes et maintes vérification. Il a été déclaré apte à voler. Sur la piste, le concepteur est tendu. Il est fier de son ouvrage mais il ne peut s'empêcher d'être tout de même un peu stressé. Il regarde le ciel. Aucun cumulus à l'horizon. Une légère tramontane s'est levé. Les conditions sont optimales. L'avion, après un peu d'élan, prend son envol. Au sol, le concepteur suit avec fierté, la courbe de sa création. Mais soudain, l'appareil bat de l'aile et effectue une descente tourmentée. Et arriva ce qui devait arriver, l'avion s'écrase.

Le petit chef prend son courage à deux mains, pour receuillir l'épave. Il est un peu déçu. Il cherche du regard son papa, qui le regarde avec émerveillement. C'est sûr, pour noël il investira dans un avion téléguidé, car son fils deviendra aviateur.

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26 novembre 2007

Alchimie

Ils étaient cinq garçons.
Petits, ils voulaient devenir cow boy, pirate, chauffeur de train, président, ou boulanger.
Moyens, ils voulaient devenir maitre, pompier, facteur, policier ou avocat.
Moyens grands, ils voulaient devenir ingénieur, comptable, sociologue, commercial ou professeur.
Grands, ils voulaient devenir retraité, anarchiste, gagnant du loto, professeur de yoga ou père au foyer.

Autrement dit,
Petits, ils voulaient jouer et rêver.
Moyens, ils voulaient être comme tout le monde.
Moyens grands, ils avaient de l'ambition et voulaient réussir.
Grands, ils voulaient profiter.

Que sont ils devenus? Ils ont seulement réussi la parfaite alchimie entre le jeu, le conformisme, l'ambition et la liberté. Ils sont devenus homme.

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